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Jun 10, 2026

Église Notre-Dame de la Salette : un clocher pas comme les autres dans le Perche

Église Notre-Dame de la Salette dans le Perche, Normandie — tirage d'art Manemos

Il y a des églises de campagne devant lesquelles on passe sans s'arrêter, et puis il y a celles qui retiennent le regard. Notre-Dame de la Salette, dans le Perche normand, fait partie de la seconde catégorie. À première vue, c'est une silhouette familière : une nef sobre, un clocher dressé contre le ciel changeant de Normandie. Et puis l'œil monte, s'arrête au sommet — et tout bascule.

Un clocher habité

Là où la plupart des clochers se contentent d'une croix, celui de Notre-Dame de la Salette porte un groupe sculpté, comme une scène figée en plein ciel. C'est cette singularité qui m'a arrêté ce jour-là, appareil à l'épaule, en parcourant les routes du Perche. Une église qui se signe non pas d'un trait, mais d'un rassemblement de figures, perchées tout en haut, exposées aux vents et à la lumière.

Que représentent les sculptures ?

Le groupe qui couronne la tour n'a rien d'un ornement abstrait : il représente la Vierge apparaissant à Mélanie Calvat et Maximin Giraud, les deux jeunes bergers à qui la « Belle Dame » serait apparue le 19 septembre 1846 sur les hauteurs de La Salette-Fallavaux, en Isère. C'est cette apparition mariale qui a donné son nom à l'église, et c'est elle que les figures du sommet rejouent en permanence, abritées sous une verrière, face au ciel du Perche.

Aux quatre angles, sur les tourelles, veillent des statues d'anges en fonte (l'une en terre cuite) protégées par des baldaquins de cuivre. À l'origine elles étaient quatre, mais l'une avait été brisée par la foudre — un détail qui éclaire l'urgence de la restauration menée ces dernières années.

Le Perche, terre de lumière douce

Le Perche est une de ces régions de Normandie qui se livrent lentement. Bocages, haies vives, routes qui ondulent, ciels immenses qui virent en quelques minutes. C'est une lumière de photographe : jamais brutale, souvent latérale, généreuse en contrastes subtils. La pierre claire de l'église y répond avec finesse, captant les variations du ciel comme une toile.

La prise de vue

L'image a été réalisée au drone, tout en gardant la profondeur du ciel. Le tirage que je propose aujourd'hui restitue cette tension entre la matérialité de la pierre et la respiration de l'atmosphère qui l'entoure.

Pour la petite histoire.

Il existe des lieux qui marquent durablement le regard d'un photographe. Des endroits que l'on découvre pour une mission professionnelle et qui finissent par nous habiter bien au-delà des images que l'on y réalise. L'église Notre-Dame-de-la-Salette de Malétable, aujourd'hui située sur la commune de Longny-les-Villages, est de ceux-là.

Ma première visite remonte à plusieurs années, dans le cadre d'une prise de vue professionnelle. À cette époque, le clocher faisait l'objet d'importants travaux de restauration. Son sommet n'était plus visible tel qu'on le connaît aujourd'hui. Les infiltrations d'eau menaçaient la structure même de l'édifice et la tour était alors privée de la silhouette majestueuse qui domine désormais les paysages du Perche.

J'ai eu la chance de photographier ce monument durant cette période particulière, alors que les échafaudages entouraient encore la tour. Ces clichés témoignent aujourd'hui d'un moment charnière de son histoire.

Quel plaisir, quelques années plus tard, de revenir sur place et de découvrir l'œuvre achevée. La restauration a redonné à l'édifice toute sa splendeur. Les nouveaux dômes qui coiffent les tourelles ne sont pas seulement esthétiques : ils assurent également la protection des parties les plus exposées du clocher. Les anciennes statues, autrefois directement soumises aux intempéries, avaient subi les effets du temps, de la pluie, du vent, du soleil et même de la foudre.

L'église a été édifiée à partir de 1865 à l'initiative de l'abbé Jules Migorel (1826-1904), financée sur ses propres ressources et avec le concours de donateurs. La tour, à l'architecture néo-baroque si particulière, a été achevée vers 1872. Le clocher est inscrit au titre des Monuments historiques depuis 1978, et l'église dans son ensemble depuis 1991.

Aujourd'hui, l'ensemble évoque un véritable phare dressé au-dessus des collines percheronnes. Visible à des kilomètres à la ronde, la tour semble veiller sur la campagne environnante. Lorsque la lumière de fin de journée vient caresser les briques et les détails architecturaux, le monument prend une dimension presque irréelle.

Au-delà de son architecture singulière, l'église est également entourée d'une histoire qui m'a été racontée par un guide local lors de ma visite. Selon cette tradition, l'abbé Migorel aurait reçu par trois fois une vision dans laquelle il lui était demandé de bâtir une église dédiée à Notre-Dame de La Salette, sur une hauteur, à la jonction de trois chemins. Quelque temps plus tard, il aurait reçu en héritage un terrain donné par des paroissiens. Ce terrain se trouvait précisément à l'intersection de trois chemins, permettant ainsi la réalisation du projet qu'il considérait comme inspiré par la Providence.

Qu'elle relève de l'histoire ou de la tradition populaire, cette anecdote participe au charme du lieu et à l'attachement que les habitants lui portent encore aujourd'hui.

Pour ma part, Notre-Dame-de-la-Salette reste l'un de ces monuments qui rappellent pourquoi la photographie de patrimoine est si passionnante. Derrière chaque pierre se cachent des histoires humaines, des croyances, des restaurations patientes et des générations qui se succèdent pour préserver ce qui fait l'âme d'un territoire.

Et lorsqu'on aperçoit sa silhouette se détacher à l'horizon, on comprend pourquoi beaucoup la surnomment simplement : le phare du Perche.

Un tirage d'art en partenariat avec WhiteWall

Cette photographie est disponible à la vente sous forme de tirage d'art produit en partenariat avec WhiteWall, référence européenne pour les tirages haut de gamme. Plusieurs formats sont proposés, du 30 × 20 cm idéal pour un mur intime, jusqu'au grand 90 × 60 cm pour les pièces qui demandent une vraie présence.

Les finitions disponibles incluent notamment le tirage Alu Dibond avec cadre américain, qui offre une planéité parfaite et une profondeur de noirs particulièrement adaptée à ce sujet architectural.

👉 Découvrir le tirage Église Notre-Dame de la Salette

Pourquoi photographier les églises rurales ?

Les églises de village sont des marqueurs. Elles racontent un territoire, un temps long, des choix d'hommes oubliés. Les photographier, ce n'est pas faire de la carte postale : c'est tenter d'en restituer la présence, la solitude, la verticalité tranquille au milieu d'un paysage qui, lui, change vite. Notre-Dame de la Salette, avec ses statues en altitude, est un bel exemple de cette manière qu'avaient nos campagnes de viser le ciel — au sens propre.

Gilles de Caevel — Manemos, photographe basé à Vernon, Normandie.

Auteur Photographe

Tous les tirages issus de mes propres prises de vue

Qualité musée

Production WhiteWall — supports fine art

Livré dans le monde

Expédition mondiale, emballage protecteur

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